Exposition de l’artiste Heimo Zobernig

Pour cette première exposition à la Galerie Chantal Crousel, Heimo Zobernig présente un ensemble de pièces issues pour la plupart de séries initiées à différentes périodes et à resituer dans le cadre d’un « complexe » de travaux. Ces travaux plus ou moins récents sont datés entre 1986 et 2008.

Cette exposition, qui a lieu jusqu’au 11 décembre 2008, est la première en France depuis près de 14 ans. Il semble qu’il y ait eu alors une absence de curiosité, voire un oubli, vis-à-vis de toute une scène allemande et autrichienne dont a sûrement pâti Zobernig.

La situation actuelle semble propice à une redécouverte de ces mêmes artistes et il faut alors appréhender en un même mouvement leurs parcours qu’on a manqués parfois et leurs productions présentes.

Pour Zobernig, l’art ne peut être qu’existentiel et l’artiste celui qui cherche à résoudre des problèmes : les problèmes de la peinture (arrière et premier plan, lignes blanches, vides, texture, rubans adhésifs, couleurs, etc.), les problèmes de la sculpture – ainsi, les sculptures avec des étagères sont le résultat de séquences de choix – ou d’autres.

Ces choix ne sont pas des choix logiques mais relèvent plus de l’intuition et du jeu.
Ainsi, avec les peintures composées de bandes de couleur, il n’y a pas de règles mathématiques comme chez Sol LeWitt ni d’applications de théories sur la couleur.
« Être automatique est un désastre pour le cerveau », dit-il. La question centrale de ces variations intuitives sur les différentes structures possibles serait l’évitement du vide.

Depuis le début des années 90, il ne cesse d’interroger la subjectivité de l’artiste et de bousculer les logiques d’identité afférentes au système de l’art de plus en plus contraignant.
L’une des manières qu’il a d’aborder cette question est de réintroduire son propre corps dans son travail.
Avec le mannequin à son effigie étrangement asexué, il se rend présent au coeur de l’exposition comme « un garde tranquille et vigilant ».
Tout en rejetant leur posture, il garde des Actionnistes viennois le sens de la scène et la nécessité de l’expérience corporelle mais y adjoint distanciation et désubjectivation.

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