| Twitter Del.icio.us Facebook Netvibes Newsgator Technorati | Viadeo Digg Google Wikio My Yahoo Windows live |
Madeleine Grenier compte parmi ces artistes dont la discrétion les a tenu éloignés de la scène artistique parisienne en pleine effervescence, alors que les polémiques véhémentes qui opposaient à la fin des années quarante, les abstraits lyriques aux abstraits géométriques, divisaient les peintres en factions esthétiques face aux tenants d’une figuration régénérée. Le parcours de Madeleine Grenier aura été a l’image de celle qui portait sur les choses un regard d’intériorité et de secrète ferveur pour servir un art auquel elle a consacré sa vie, jusqu’à l’absolu d’une inaltérable et radieuse blancheur conquise tout au long d’un parcours inflexible et solitaire. (…)
D’un double enseignement reçu à l’Académie André Lhote et à l’Académie Ranson auprès de Singier, elle a assimilé les bases d’un art qu’elle s’apprête à expérimenter seule, en totale indépendance.(…)
Une lecture de Joseph Conrad l’oriente sur une voie où la réalité se délite, laissant libre cours à la seule expression du peintre, captateur de souvenirs, de rêves qu’elle sublime. (…)
En délaissant progressivement la couleur, elle porte ses recherches sur la lumière captée par les formes quêtant un équilibre de la composition qui devient prioritaire. La gamme chromatique d’une pâleur atténuant la lisibilité du sujet qui ne fera bientôt plus référence, ne joue pratiquement que sur l’organisation de la surface assaillie par des rythmes complexes, mais temporaires, car ne correspondant pas au tempérament profond de Madeleine, animée d’une émotion mémorisée et décantée. (…)
Madeleine fait sa première exposition à Paris Galerie Jacques Massol. Elle est régulièrement invitée aux Réalités Nouvelles, au Salon de Mai, au Salon d’Automne. Ses envois témoignent de sa dualité d’inspiration. Quant aux ciels de la Bretagne, leur figuration allusive est inspirée par la lecture et la poésie de son père dont elle accompagne de cinquante et un dessins à la plume son œuvre.
C’est cette quête de l’impalpable qui prévaut, après 1965. (…)Le lyrisme de Madeleine Grenier se donne libre cours. Le mystère est proportionnel à la fascination qu’exerce la lumière qui absorbe toute forme. Celle-ci se laisse encore matérialiser en 1972, et entre 1974 et 1975, avec l’évocation d’un horizon bleuté divisant la surface animée de touches simulant les nuages et l’écume. Mais à nouveau la nature se désagrège dans la lumière pour n’être plus qu’une pure vibration.(…) L’absolu se résorbe dans un infini qui porte sa blancheur rédemptrice avant l’éblouissement suprême.
D’après © Lydia Harambourg
Historienne Critique d’art
Correspondant de l’Institut, Académie des Beaux-Arts
Solution gratuite pour le transfert de vos fichiers en quelques clics. [ Cliquez-ici ]
Pour découvrir le monde de l'artisanat, ses métiers et ses professionnels [ Cliquez-ici ]