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Messaoud KHALDI

Publié le 15 janvier 2011

Dans la filiation du surréalisme, Messaoud Khaldi trace sa propre voie, celle d’un monde fantastique et onirique. Il se qualifie d’ailleurs d’ «hyporéaliste » afin d’insister sur la puissance imaginaire de son travail.

Messaoud KHALDI

MESSAOUD KHALDI
Galerie Arcima,
161, rue Saint Jacques 75005 Paris
du mardi 18 janvier au dimanche 6 février 2011
Né en 1953 à Bordj Bou Arredij en Algérie, Messaoud Khaldi vit en France depuis sa tendre enfance. Dans la filiation du surréalisme, l’artiste trace sa propre voie, celle d’un monde fantastique et onirique. Il se qualifie d’ailleurs d’ « hyporéaliste » afin d’insister sur la puissance imaginaire de son travail. Il s’exprime dans une gamme colorée allant du vert acide au jaune profond enrichi de roses flamboyants grâce à une gestuelle fulgurante et pourtant délicate. Le mouvement qui se manifeste dans ses toiles contraste avec un univers d’où le temps est absent. Tout semble en état de suspension, une forme d’apesanteur similaire aux toiles d’Yves Tanguy, mais couplée à un mouvement singulier foudroyant.
Les éléments picturaux, des matrices et des cellules pleines de vies font irruption dans un monde fluide, quasi galactique. Une sorte de coquillage est pris dans un tourbillon de matière qui emporte et aspire tout sur son passage. Des organes imaginaires, des créatures étranges se développent dans un espace à la fois aquatique et sidéral, dont la géographie instable est sans cesse revisitée. Ce monde fantastique fait de surfaces lisses parfois gélatineuses et oléagineuses, épousent un relief aux circonvolutions et contours indéfinissables. Vitalité et énergie créatrice traversent ses formes molles ou anguleuses en pleine mutation. L’artiste procède d’ailleurs d’un échange spontané avec la toile pour faire surgir l’irréel dans un processus de libération.
De ses toiles aux paysages étranges, inconnus et aux éléments embryonnaires émergent une réflexion sur le devenir et une sensibilité accrue au réel dans la mesure où le monde des apparences est dépassé. Au-delà d’une société utile et productive, c’est un réel qui ne prend sens qu’à partir de deux autres composantes que sont le symbolique et l’imaginaire ; « trois registres essentiels de la réalité humaine » soulignés par Jacques Lacan. En cela, la peinture de Messaoud Khaldi est « hors norme », comme peut l’être la folie ou le rêve, car elle creuse l’esprit humain jusqu’à ses limites et jusqu’à l’impossible à symboliser. Elle touche cette limite de l’irreprésentable qui jouxte parfois le néant. Elle s’adresse aux tréfonds de notre imaginaire pour embrasser l’insondable et l’étrangeté de l’être. Grâce à la virtuosité de sa palette colorée, son œuvre picturale est une invitation à un voyage intérieur, dans les plis et replis d’un imaginaire secret.
Véronique Perriol, le 12 janvier 2011, Paris.

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