Philippe Croq, artiste peintre

Depuis 1998, le travail de Philippe Croq n’a cessé de visiter les territoires de la peinture, avec une constance si tendue qu’on la dirait soumise à une loi biologique. Mais la biologie est aveugle, non l’art.

Si la vie écoutait davantage le peintre, elle cesserait de se ruer vers sa déchéance, et s’arrêterait à l’offrande réitérée de son propre miracle, comme on l’a déjà dit.
L’œuvre a donc toujours fonction de nous rappeler à ce principe qui la fonde, et qui va bien au delà du carpe diem classique. Là où les Anciens nous invitaient à vivre en exhibant la mort comme un repoussoir, le tableau choisit ici d’en admettre l’omniprésence et les vertus dynamiques : mesure primitive du temps tragique, certes, mais également preuve des multiples victoires de la mémoire et des sens.
Elles méritent tant d’être célébrées que la surface peinte brille d’un vernis triomphal et précieux (refus magistral du conceptuel à la vue courte, qui voudrait qu’une victoire si provisoire fût nécessairement rivée à une forme à l’avenant).
On peut donc représenter le bonheur – celui de vivre ou de peindre – par ses conquêtes les plus intimes, par ce qu’il a repris au temps et à la mort. Ainsi, par exemple, de hope:19.03.02 où un christ laïque fait l’offrande de son corps au spectateur. Proximité inespérée de la forme, couleur comme amicale à force de tendre à l’essentiel : le sacrifice comme éternel substrat d’un salut qui n’a d’autre échéance que la rencontre d’un regard.
Travaillée par l’effacement et la perte, la peinture parle du temps par le corps : incomplet ou épars, dispersé en ses catégories (chair, peau, os et nerfs), il fait sens à travers sa seule apparition et renvoie nécessairement au drame métaphysique de la discontinuité.
Mais ces dernières années révèlent également une sorte de méfiance vis-à-vis de l’interrogation (interrogatoire ?) systématique de l’être par ses figures. On dirait, à voir les dernières séries de portraits, que le questionnement se fait latéralement, en évitant les pièges de la répétition formelle.
D’où un art sereinement versatile, dont les plus récentes réalisations, très souvent bichromiques, empruntent au pur graphisme quelques-unes de ses armes expressives, sans jamais renoncer pour autant à l’épaisseur matérielle et spirituelle de la peinture.
Ainsi d’une aventure en création : l’imprévisible y est sûr, comme la mort, comme la vie.

Quelques infos sur l’auteur

Philippe Croq est né en 1961 à Douarnenez (France)

Expositions individuelles

2007
Maison de la culture – 16 oct au 7 déc –
Metz Galerie FAE l’Atelier – 4 oct au 4 nov –
Boulogne-Billancourt Galerie Joëlle Possémé – 5 sept au 5 oct –
Paris Galerie Bernard Mourier – St-Rémy-de-Provence
Galerie Biondetta – 1er juin au 30 juin -Madrid
2005
Espace Ecureuil – Marseille
2002
Galerie Emmanuelle Morin-Pitel – Paris
Galerie L’évènement – Vallauris
2001
Espace Loft – Lille
Espace Loft – Nice
1999
Galerie « Hôtel des Allégories » – Nîmes
Espace Loft – Nice
1998
Clinique Haute Energie – Nice
1996
Galerie Municipale du Château – Nice
Galerie Dix – Saint-Paul-de-Vence

Prix

2000 Prix Henri Matisse – XVIIème Biennale de l’U.M.A.M – Nice
2000 1er prix de peinture (« Toison d’or ») – ART JONCTION – Nice
1995 Lauréat de la XIVème Biennale de l’U.M.A.M. – Nice
1993 Premier prix du concours Mossa – 1ère Biennale – Nice

Parutions

2007 Azart n°24, janvier-février
2006
hors série Azart n°6, décembre

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