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" Né dans la rue - Graffiti " - Fondation Cartier (Paris)

Publié le 13 août 2009 par

Situé à quelques minutes de la gare de Montparnasse, la Fondation Cartier vous ouvre ses portes, et son âme, dans une ambiance New Yorkaise, avec l'exposition " Né dans la rue - Graffiti " jusqu'au 29 novembre...

La fondation Cartier souhaite réconcilier avec pertinence pros et antis d'un milieucontroversé. Intégrant réellement les lieux, le graffiti est mis en avant dès l'arrivée du spectateur.
Façade bombée, œuvre ou acte dégradant, leurs auteurs s'en donnent à cœur joie, entre questions et flash des appareils photos.

Pour la petite histoire...

Années 70, New York : Victime de la crise économique, la ville est dévastée, pauvre et dépeuplée. Les jeunes des communautés défavorisées, hispaniques ou afro américaines, se rejoignent. A peine adolescent, quinze ans parfois, ils couvrent voitures, métros, de leurs signatures, de leurs couleurs. Un méli mélo artistique, joint à l'indécence de se permettre l'apposition de marques sur des lieux publics. Souvent poursuivis par la police, les tagueurs s'en moquent, au prix de leurs vies parfois, l'important étant d'exister autrement.

Une exposition en deux temps...

Bannis des rues, le graffiti retrouve une place, comme tout art, dans ce lieu contemporain. Cette exposition se veut révélatrice des inspirations et de l'époque chère à nos graffeurs.

Au sous-sol, c'est la découverte d'un monde parfois familier qui s'offre à nous. Véritable reflet de notre enfance, entre "Arnold et Willy" et "Le Prince de Bel Air", s'approchant de certains films de Spike Lee pour leur authenticité et leur réalité sociale, cette partie rend hommage aux pionniers du graffiti. Entre vidéos, tableaux, représentations numériques, P.h.a.s.e 2, Part 1 et Seen entraîne nos sens dans Brooklyn ou le Bronx, à l'origine du graffiti.

Certains artistes témoignent. Âgés d'une cinquantaine d'années, ils se souviennent des années "sauvages", de ses années d'adrénalines où certains de leurs frères perdirent la vie, coupés en deux par des métros...

Keith Haring et Jean Michel Basquiat ne sont pas en reste avec l'accrochage de certaines de leurs toiles et surtout l'intérêt positif de les voir ici représenter. Eux aussi ont grandis dans la rue et étaient proches du quotidien, loin des paillettes d'un certain Warhol...

Cette partie historique plonge le visiteur dans l'ambiance chaude des années du street art, sur fond de scratch, et de break dance.

Le premier étage montre comment le graffiti a inspiré l'art contemporain. Entre créations spontanées (un morceau de métro tagué, une toile cassée et déchirée...) et peintures alambiquées, le charme n'opère qu'à moitié. Même si les œuvres de Basco Vazko, Nug, Gerard Zlotykamien sont à la hauteur de leurs talents, n'a t-on pas assez démontré que si le graffiti était un art à part entière, c'était en grande partie grâce à son identité ?

Le graffiti n'est pas lisse, il ne se veut pas propre et codé esthétiquement. Non le graffiti, c'est l'illégalité, le pouvoir de dépasser ses propres peurs, au péril de sa vie... C'est le caractère éphémère de cette même vie qui est rongée par des carcans altérants sa liberté...

Alors, de là où vous êtes, de là où se posent vos regards, laissez la liberté vous envahir, bien loin de votre quotidien... Rapprochez vous de New York et atteignez le paradoxe d'un ultime détour par ces années afro américaines, pleines d'humanité...

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3 commentaires :

Le 06/09/09 à 21h05 Commentaire n°1 miss punchabord

Une expo très scolaire sans doute pour un public "bobo", même à la rigueur "maman bobo" (des photos, des vidéos, des films et une incontinence verbale). La Fondation Cartier fait la rentrée des classes. Des non-œuvres très propres sur elles, du graffiti/papier peint ou du graffiti complexé par l'art conceptuel. Ils américanisent le mouvement alors que les groupes d'étudiants mi lettristes, mi situationnistes avaient recouverts les murs de Paris dés 68, et que reste t-il de "Happy Holiday", "Sweet cousin cocaïne", "Dust sin", "Sirone", peut-être un peu de "Futura 2000" ?. Si "L'imagination au pouvoir" était un slogan de 68, nous subissons aujourd'hui un pouvoir qui veut imaginer à la place des gens (multiplication des chaines de télévision, musiques clipées, livres bédétisés ou CDromisés et bien sûr, publicité inquisitrice). La jeunesse a besoin d'imaginer. Elle ne peut se sastisfaire des imaginaires fast food dans lequel on la baigne. Elle crée ses propres images. Les graphs sont des distorsions expressives qui soulignent du même coup ce qu'ils déforment : la lettre. Si on observe ces graphes, la première chose que l'on constate, c'est la primauté du trait mais ce trait est un trait éclaté. La jeunesse que l'on maltraite de plus en plus depuis quelques décennies est devenue dépressive. Ce retour de la cerne révèle l'angoisse d'une impression de dissolution. La couleur, élément essentiel du graphe, intervient alors comme une force jaillissante échappant au conditionnement du tracé. Elle se superpose à lui, le transforme et finalement s'affirme en elle-même : Le graphe est l'expression d'un combat entre un sentiment d'anéantissement et un désir de réaffirmation de soi. Et les graphes, c'est fini. La Fondation Cartier que l'on a connu plus inspirée vient après la bataille. Restent les taggs tandis que les slogans reviennent...

Le 15/12/09 à 23h57 Commentaire n°2 mathieu

J'aime bien le graff, Je voudrais Savoir Si On peut graffer Légalement Sur Les Mur De lexpo ? Et Je voudrais Savoir c ou Fondation Cartier ?

Le 16/12/09 à 16h10 Commentaire n°3 Mélanie Sivadier (Etudiant)

Coucou Mathieu! Je ne pense pas que tu puisse graffer à l'intérieur de l'exposition. Néanmoins sur la devanture, il y a des tags, des gens qui laissent libre court à leur imagination! Tu peux toujours demander à la Fondation, ils t'aideront. Elle est située vers Montparnasse. Je ne pourrai te donner l'adresse exacte mais tu peux aller voir leur site. Biz.

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