Exposition « leurs lumières » du 13 octobre au 16 décembre 2012

Exposition « leurs lumières » du 13 octobre au 16 décembre 2012 au Centre Culturel de Rencontre à l’Abbaye de Saint Riquier – Baie de Somme.

Le projet « leurs lumières » est né d’une série de conjonctions : l’Abbaye de Saint- Riquier, et son abbatiale lumineuse, devenant Centre Culturel de Rencontre dédié aux écritures, Anne Potié, sa directrice, retient le thème de la lumière pour bâtir sa première programmation annuelle.

C’est pourquoi, après un été dédié à Alfred Manessier, Le tragique et la lumière, il s’agit de conjuguer le thème de la lumière et la problématique des écritures, sous un autre de ses aspects, celui d’un art contemporain attaché à des expérimentations aussi bien ludiques que techniques et poétiques.

Les dix artistes contemporains – Donald Abad, Marie-Julie Bourgeois, Félicie d’Estienne d’Orves, Jakob Gautel et Jason Karaindros, Tomek Jarolim, Julie Morel, Mayumi Okura, Michaël Sellam, Marion Tampon-Lajarriette (biographies des artistes disponibles sur demande) – qui participent à « leurs lumières » sont de cette jeune génération qui a grandi au sein de la culture numérique. Ils ont eu, dans leur formation artistique, un contact direct avec l’interactivité des nouveaux media. Résolument actuels, leurs environnements lumineux, leurs films, leurs dispositifs partagés de l’illumination comme de l’aveuglement, sont autant d’expériences ludiques et poétiques, troublantes et critiques.

Jean-Louis Boissier, commissaire de l’exposition, outre une formation scientifique et de praticien du cinéma et des arts interactifs, a été marqué par sa longue collaboration avec Frank Popper, théoricien du cinétisme et des arts numériques. Ceci, de la fin des années 60 au début des années 80, des expositions Lumière et mouvement en 1967 au Musée d’art moderne de la ville de Paris et Cinétisme spectacle, environnement à Grenoble en 1968, à l’exposition Electra en 1983 de nouveau au musée d’art moderne de la ville de Paris. Parallèlement à ses propres productions expérimentales dans les arts interactifs, reliées au cinéma, à la littérature et à la performance, Jean-Louis Boissier s’est attaché, en tant que chercheur universitaire, à l’observation des arts des nouveaux media à travers de nombreuses expositions dont il a partagé la conception : Electra en 1983, Les Immatériaux en 1985, Passages de l’image en 1990, ou dont il a été lui-même l’initiateur : la biennale Artifices à Saint-Denis de 1990 à 1996 ; la Revue virtuelle du Centre Pompidou ; les expositions Image calculée et Machines à communiquer à la Cité des sciences, Jouable en 2002, 2003 et 2004, Mobilisable en 2008, Mode Démo en 2010.

Il a choisi ces jeunes artistes pour les avoir connus directement dans leurs recherches. Pour autant, si ces artistes ont en commun une certaine pratique des media technologiques, ils n’en font nullement leur spécialité exclusive. Ils en tirent une approche détachée et distanciée, voire critique, une méthode d’intervention dans une époque marquée par les technologies de l’information. Les techniques de la lumière (on nomme ainsi ce qui vient de l’électricité et de l’électronique) seront donc leur objet autant que leur instrument. Aussi, en recevant « leurs lumières », on ne peut pas ne pas révéler leurs attaches avec un art de la lumière et du mouvement, de l’environnement et de la participation, dont l’exposition peut elle-même revendiquer la filiation historique.
À l’occasion du tricentenaire de la naissance, de Jean-Jacques Rousseau, Jean- Louis Boissier et Dominique Cunin proposent de développer, dans un dispositif spécifique, l’idée des lumières chez Rousseau.

Illumination et aveuglement, la lumière comme condition fluctuante de visibilité, de lisibilité et de jouabilité.

Dans l’Émile, Jean-Jacques Rousseau révèle comment, en regardant le lever du soleil sur la plaine du Pô, il voit les ombres allongées des arbres qui se donnent littéralement à lire, comment il a la révélation de la lisibilité du monde. Si la lumière est le fondement de la visibilité, elle l’est aussi de la lisibilité. Plusieurs des propositions de « leurs lumières » mettent ainsi en scène la lecture. L’exposition vérifie également que si la lumière est facteur du visible et du lisible, elle l’est aussi du jouable. Ne parle-t-on pas de « jeux de lumières » ? Par cette jouabilité, on aborde la lumière comme substance perceptible, comme facteur sensitif et affectif, c’est-à-dire comme chose réelle.

L’exposition « leurs lumières » s’accompagne d’une salle multimédia de documentation et d’échanges, de publications, de journées d’étude. Exposition conçue et réalisée par le Centre Culturel de Rencontre de l’Abbaye de Saint- Riquier – Baie de Somme en coopération avec l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis (laboratoire Arts des images et art contemporain) et l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (EnsadLab).

Infos pratiques :

Abbaye de Saint-Riquier – Baie de Somme
Centre Culturel de Rencontre
Place de l’Eglise
80135 Saint-Riquier
Tél : 03.22.71.82.20

Horaires

Ouvert du 13 octobre au 16 décembre 2012 tous les jours de 10h à 13h et de 14h à 18h.

Tarifs
Tarif plein : 2€ billet délivré avec une brochure de 48 pages bilingue
Gratuité : (sur présentation d’une pièce justificative) :

  • les étudiants, les universitaires et les enseignants d’arts plastiques
  • les moins de 16 ans les demandeurs d’emploi
  • les bénéficiaires des minimas sociaux
  • les Amis de l’Abbaye de Saint Riquier – Baie de Somme
Post author