Nicolas Pichon, un artiste à l’âme africaine

Nicolas Pichon est artiste sculpteur et peintre. Il « dépeint » notre société avec l’œil amusé de celui qui observe pour nous proposer une vision plus colorée et chaleureuse de notre environnement. Rencontre avec cet homme discret aux multiples talents dont les œuvres sont une invitation aux voyages tant intérieurs que lointains.

Parcours

Nicolas Pichon est né en 1975. Sa famille, installée à la campagne près d’Angers, lui transmet des valeurs, qui petit à petit vont lui permettre de construire sa personnalité « d’artiste » à la recherche de traces, de couleurs, d’introspection.

Avec son père, artisan peintre, il s’initie au travail de la main, au geste précis et méticuleux, et découvre vite l’espace infini qu’offre le travail des couleurs et des matières.

Sa mère exerce dans le domaine de la médecine alternative, pratique le magnétisme… Les valeurs ésotériques et spirituelles qu’elle lui transmet, lui confèrent une vision du Monde ouverte, tempérée, empreinte de force et de recul pour aller au bout de ses idées, de ses intuitions et de son imaginaire.

En 1995, Nicolas Pichon intègre l’Ecole des Beaux-Arts de Versailles. Il y restera deux ans.

En 1997, il part à Lille pour effectuer sa troisième année des Beaux-Arts. Cette année dans le Nord est une révélation pour le jeune artiste, elle marque le début d’une pratique artistique qui deviendra récurrente dans son cheminement ; la récupération, le travail du métal.

En arrivant dans le Nord, il découvre en effet, les friches industrielles qui deviennent un immense terrain d’explorations. Barres métalliques, boulons et autres écrous abandonnés deviennent les pièces majeures de sculptures, à qui l’apprenti-artiste commence à donner vie.

Déterminé à façonner le métal, Nicolas Pichon quitte l’Ecole des Beaux-Arts de Lille, s’achète un poste à souder, rentre à Angers et se met au travail.

Travaux, sources d’inspiration.

Si le travail de Nicolas Pichon a évolué dans le temps, en passant de la sculpture à la peinture, il demeure des constantes qui déterminent ses œuvres, comme l’insolite, les rencontres fortuites d’hommes et de matériaux, la prise de distance face à une société ultra productrice de biens de consommation, le mélange des matières, le travail à l’instinct, le figuratif, etc.

« Mon travail est semblable à ce que je ressens. Il est comme une éponge, il absorbe, sélectionne et digère. Mélangeant à la fois différentes textures et matières pour que l´on puisse toucher avec les yeux», Nicolas Pichon.

La sculpture et le métal

Cette période débute avec la découverte des friches industrielles dans le Nord de la France et donne naissance à une trentaine de sculptures, « Les Bêtes imaginaires ». Grâce aux pièces métalliques récupérées, l’artiste met sur pied des personnages fantastiques, parfois gigantesques qui répondent aux noms de « Bipède », « Le Gobe-mouches », etc. Un visage anthropomorphique est même crée, « Le visage Cheval », avec des tiges métalliques, des écrous de vélo pour les yeux et un vrai dentier, récupéré chez un dentiste !

Ces statues métalliques, exposées pour la première fois au festival Tour de Scène à Angers en 1998, impressionnent et sont demandées pour le décor d’autres manifestations. « Les Bêtes imaginaires » permettent alors à Nicolas Pichon de se faire connaître du milieu artistique local, de collaborer avec certains d’entre eux, comme la DDE, Les Décorateurs De l’Espace.

De la peinture à un art entre 2D et 3D

En 2000, Nicolas Pichon commence à peindre, il pense avoir fait le tour de la 3D, c’est la fin de la période des « Bêtes imaginaires ».

Il commence par peindre des petits formats, qu’il soumet rapidement à des galeries, puis il passe à des dimensions plus imposantes. Il peint sa première grande toile le 11 Septembre 2001 !

Nicolas Pichon commence peu à peu, avec ses premières peintures, à sortir du monde fantastique amené par les « Bêtes imaginaires » pour se concentrer sur le regard qu’il porte sur lui-même, sur la société.

Il s’inspire à cette époque des travaux d’un créateur de BD italien, Stefano Ricci et des peintres comme Combas, Di Rosa, Basquiat…

Sa peinture est sensuelle, tactile, toujours à la recherche de traces par le mélange des matières, telles que l’acrylique, la chaux, le papier, le carton… et même le plexi à partir de 2002. La recherche du volume et des contrastes est omniprésente par l’accumulation des matières, des collages : « T’as le côté où tu voudrais toucher, mais c’est une peinture ! » dixit l’artiste. Son art devient un cheminement perpétuel entre la 2D et la 3D.

La révélation africaine

L’année 2003 marque un autre temps fort dans la vie de l’artiste, il fait un voyage en Afrique. C’est une réelle révélation pour lui : « Je pense que j’ai une mentalité africaine » dit-il. « Je ne vais pas à la même vitesse, je ne porte pas de montre… J’aime quand ça glisse doucement…Mais aussi quand ça flash ! »

Depuis ce voyage l’artiste laisse libre cours à ces inspirations d’Afrique, avec notamment l’utilisation de couleurs plus vives dans ses œuvres. L’intérêt qu’il porte à l’ésotérisme s’accroît, et il émane plus de force de son travail.

Il commence à peindre des colonnes qu’il nomme les « shorts stories ». Chaque colonne, sorte de totem, est un assemblage de 8 toiles qui raconte une histoire. C’est un travail très vivant, de par les couleurs utilisées et les accumulations de matières… Référence aux accumulations d’images produites par la société.

La reconnaissance professionnelle

Ce travail est un vrai succès et conduit Nicolas Pichon à une reconnaissance professionnelle. Il obtient le statut d’artiste en 2005 par la Maison des Artistes à Paris.

Ses colonnes se vendent à travers le Monde, entre Paris et New-York, par l’intermédiaire d’une galerie parisienne reconnue, la galerie Envie d’Art.

Depuis 2007, Nicolas Pichon peint des portraits, des attitudes, en grand format. On retrouve désormais la patte de l’artiste avec son travail d’assemblages de matières caractérisant son cheminement perpétuel entre peinture et sculpture.

Ces travaux sont emprunts cette fois-ci du mouvement Pop Art, Nicolas Pichon fait notamment référence à Manolo Valdes.

Artiste à suivre, sûrement là où on ne l’attend pas…

Expositions

2007 : AAA. Affordable Art Fair, New York, Londres, Amesterdam
2003 : Galerie Art Confrontations-Rouen France
2003 : Salon d’art contemporaine-Montrouge France
2003 : plus’art-Le Mans France
2002 : Galerie Le temple du gout-Nantes France
2001 : Salon d’art contemporaine-Montrouge France
2001 : Abbaye de Bouchemaine-Bouchemaine France
2001 : Salon d’art contemporain-Montrouge France
2001 : Salon d’art contemporain-Angers France
2001 : Grand Prix de la ville-Saint Gregoire France
1999 : Salon National-Le Mans France

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