Le musée fait le mur : Fra Angelico, David, Millet… dans la rue

Du 23 juin au 30 septembre 2012, à Cherbourg-Octeville, le musée fait le mur : le musée d’art Thomas-Henry vous propose de découvrir les chefs-d’œuvre de sa collection sur les murs de la ville. Une première en France !

Troisième musée de beaux-arts de Normandie, rassemblant un ensemble exceptionnel de 300 peintures et sculptures du XVe au XIXe siècle et se distinguant par son remarquable fonds d’œuvres de Jean-François Millet (le deuxième en France après celui du musée d’Orsay), le musée d’art Thomas-Henry de Cherbourg-Octeville a fermé ses portes fin février pour trois ans afin d’engager la rénovation complète du centre culturel dans lequel il est hébergé.

Trois années sans musée, ce ne sont – bien évidemment – pas trois années sans art. Au contraire, cette fermeture est l’occasion d’inventer de nouvelles façons de transmettre le patrimoine et de découvrir les chefs-d’œuvre conservés au musée. Ainsi a vu le jour une idée peu commune : faire sortir le musée de ses murs et mettre ses collections au coeur de l’espace urbain, à la portée de tous.

Une mise en scène décalée

Du 23 juin au 30 septembre, le musée innove donc en proposant au public Le musée fait le mur : trente et un chefs-d’œuvre du musée seront reproduits grandeur nature et présentés dans des encadrements inspirés de cadres anciens. Ils seront accrochés dans les rues de la ville, sur des bâtiments publics mais aussi des façades de commerce ou des maisons d’habitation, en jouant sur les effets de correspondance ou, au contraire, de dissonance entre les thèmes des oeuvres et leur lieu d’implantation. Un projet surprenant, innovant et ludique : il s’agit d’une première pour un musée des beaux-arts français, s’inspirant d’une expérience menée en 2007 par la National Gallery, à Londres.

Parmi les oeuvres proposées : La Conversion de saint Augustin de Fra Angelico à découvrir dans l’écrin de la cour Marie où furent tournées quelques scènes des Parapluies de Cherbourg ; l’Académie d’homme, dite Patrocle de Jacques-Louis David, nu monumental et héroïque, à admirer près d’un institut de beauté pour hommes, mais aussi Cérès foulant aux pieds les attributs de la guerre de Simon Vouet, L’Astronome, tableau napolitain du XVIIe siècle ou encore la poétique Shéhérazade de Paul-Emile Destouches.

Les reproductions se distinguent par leur grande qualité : lauréat de l’appel à projets Numérisation lancé par le ministère de la Culture et de la Communication en 2011, le musée a numérisé en haute définition l’intégralité des oeuvres constituant la donation Thomas Henry, donation à l’origine du musée. Ce travail a permis de reproduire les tableaux à partir de fichiers en très haute définition et de respecter les nuances de couleur des oeuvres.

 

Plusieurs itinéraires de découverte seront proposés aux touristes comme aux habitants : Passionné, Best of, Amoureux, Secrets d’artistes, Nos amies les bêtes, Evasion… Des visites seront organisées avec les guides de l’Office du tourisme Cherbourg-Cotentin mais il sera également possible d’organiser son propre parcours: chaque œuvre disposera d’un cartel donnant des clés d’interprétation et de QR-codes permettant aux possesseurs de smartphones – et notamment les jeunes – de bénéficier de commentaires audio plus approfondis. Un jeu-concours photo sera proposé afin de permettre à chacun de se mettre en scène dans la rue avec les chefs-d’oeuvre du musée.

Avec Le musée fait le mur, la Ville de Cherbourg-Octeville entend mettre les collections du musée à portée de tous et expérimenter une nouvelle forme de médiation culturelle et interactive. Cette exposition s’inscrit dans le cadre de la politique de démocratisation culturelle menée depuis le début des années 2000 par la Ville avec la gratuité d’entrée aux collections permanentes, aux expositions temporaires et aux visites guidées, la mise en ligne des collections sur internet, et les animations à destination du public en rupture culturelle.

Le musée entend ainsi susciter l’intérêt d’un public non coutumier de la fréquentation des établissements muséaux cherbourgeois (adolescents, jeunes actifs) et proposer au public touristique un biais inédit et attrayant pour découvrir la ville.

Fra Angelico, David, Mille t… s’exposent dans la rue

Pour Le musée fait le mur, le musée d’art Thomas-Henry a sélectionné une trentaine d’œuvres emblématiques de sa collection : du Portait de femme à la fourrure de Thomas Henry au Patrocle de David, en passant par Cérès foulant aux pieds les attributs de la guerre de Simon Vouet ou La Conversion de saint Augustin de Fra Angelico. L’occasion de découvrir dans les rues du centre de Cherbourg-Octeville quelques chefs-d’œuvre de la peinture occidentale.

Le choix des œuvres reproduites a été effectué selon deux critères : la représentativité des tableaux par rapport aux collections du musée d’art Thomas-Henry et leur qualité picturale. La sélection s’est ainsi opérée au sein de cinq ensembles qui définissent l’identité du musée : la donation Thomas-Henry, collection fondatrice du musée ; les petits maîtres du XIXe siècle ; la peinture de marine ; le fonds Jean-François Millet et les artistes normands, Guillaume Fouace en particulier.

Sur les trente et une œuvres exposées dans les rues du centre-ville, La conversion de saint Augustin de Guido di Pietro dit Fra Angelico, peintre et moine florentin de la Renaissance (1417-1455) est le plus petit (environ 50 cm de large) mais aussi l’un des chefs-d’œuvre du musée : fragment d’un retable à ce jour non identifié, il se distingue par le brio de ses coloris, la luminosité cristalline de l’atmosphère, la délicate minutie dans le rendu de la végétation et des animaux. Il fut offert au musée par Thomas Henry, marchand d’art, expert auprès des musées royaux, peintre à ses heures, qui a fait don à la Ville de Cherbourg de 164 peintures et sculptures issues de sa collection personnelle entre 1831 et 1835. Pour rendre hommage à ce collectionneur talentueux, le musée a également mis dans la rue son élégant Portrait de femme à la fourrure, datant de 1806.

Autre œuvre emblématique du musée à retrouver en centre-ville : l’Académie d’homme, dite Patrocle de Jacques-Louis David. Le peintre du Serment des Horaces et du Sacre de Napoléon a réalisé, en 1778, cette étude de nu grand format alors qu’il était élève pensionnaire à l’Académie de France à Rome.

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