Valse avec Bachir : le film

Sélection officielle du Festival de Cannes 2008, Valse avec Bachir est un film documentaire d’animation écrit, réalisé et produit par Ari Folman. Le film est un mélange d’animation flash, d’animation classique et de 3D.

Dans ce film sorti en juin 2008, Ari Folman raconte sa propre histoire vingt ans plutôt lorsqu’il était soldat israélien en septembre 1982 pendant l’invasion de Beyrouth ouest.
La rencontre avec un ami qui lui parle d’un cauchemar récurrent lié à la guerre du Liban réveille ses souvenirs de guerre (opération de Tsahal au Liban).
Dans son rêve son ami est pourchassé par une meute de 26 chiens, nombre de chiens qu’il a dû tuer au cours de la guerre du Liban.
Le premier souvenir qui surgit, apparaît le lendemain : lui, jeune soldat en 1982 dans la mer devant Beyrouth avec deux des ses camarades.
Pour comprendre cette image et les raisons de son oublie de la guerre, il décide d’interroger à travers le monde quelques-uns de ses anciens compagnons d’armes.
Cette thérapie aidera Ari à reconstituer sa mémoire.

La première expérience d’Ari Folman dans ce type de film d’animation commence avec la série télé documentaire The material that love is made of. « Chaque épisode s’ouvrait par 3 minutes d’animation, où des scientifiques évoquaient la « Science de l’Amour ». » Cette pratique a été révélatrice pour le réalisateur :  » […] l’animation m’est apparue comme la seule solution, avec sa part d’imaginaire. La guerre est tellement irréelle, et la mémoire tellement retorse, autant effectuer ce voyage dans la mémoire avec de très bons graphistes. »

Le contexte historique

Ce film d’animation israélien retrace un épisode tragique : le massacre de Sabra et Chatila.
Cela se déroule le 18 septembre 1982, au Liban, des milices chrétiennes massacrent les civils des camps palestiniens de Sabra et Chatila sous les yeux de l’armée israélienne qui n’a pas bougé et qui même selon certains aurait facilité la tâche de la milice.
Cet épisode tragique fait suite à la mort de Béchir Gemayel, chef des Phalanges et président du Liban. Les miliciens ont voulu se venger de cet assassinat en tuant des innocents. Tout cela dans l’indifférence générale…

2. En savoir plus sur Ari Folman

Au milieu des années 80, après son service militaire dans l’armée israélienne, Ari Folman réalise son rêve : partir seul faire le tour du monde.

Deux semaines et deux pays après son départ, Ari réalise qu’il n’est pas fait pour ça. Il s’installe dans une pension en Asie du Sud-Est et écrit à ses amis restés au pays des lettres où il raconte un tour du monde totalement inventé.
Cette expérience est déterminante et le pousse à étudier le cinéma.

Son film de fin d’études COMFORTABLY NUMB (1991), qui raconte de manière comique et absurde l’expérience de ses proches lors des attaques de missiles irakiens sur Tel-Aviv durant la première Guerre du Golfe, remporte en Israël le prix du Meilleur Documentaire de l’année.

Entre 1991 et 1996, Ari réalise des documentaires pour la télévision israélienne, principalement dans les territoires occupés. En 1996, il écrit et réalise SAINTE CLARA un long métrage tiré du roman de l’écrivain tchèque Pavel Kohout. Le film gagne plusieurs prix en Israël dont ceux du Meilleur Film et du Meilleur Réalisateur. Il gagne aussi le Prix du Public au Festival de Berlin.

Ari réalise ensuite plusieurs séries documentaires à succès et un deuxième long métrage de fiction : MADE IN ISRAËL (2001), conte futuriste sur la traque du dernier nazi vivant.

Sa première incursion dans l’animation intervient avec la série documentaire THE MATERIAL THAT LOVE IS MADE OF (2004) dont chaque épisode commence par quelques minutes animées où l’on voit des scientifiques exposer leur théorie sur l’évolution de l’amour.

La réussite de ce premier essai encourage Ari à renouveler l’expérience avec VALSE AVEC BACHIR, documentaire d’animation long métrage. Tiré d’une histoire vraie, le film est un voyage au centre de la mémoire du réalisateur, à la recherche d’images oubliées de la guerre du Liban. Cette traque des souvenirs, la quête de vérité et l’Histoire troublée de la région sont devenues très naturellement la matière même de l’animation.

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