Vraoum ! Trésors de la bande dessinée et de l’art contemporain

La Maison Rouge, près de la Gare de Lyon à Paris, est un lieu éclectique et contemporain, qui propose au public une aventure ludique et jouissive, pleine de fun. L’exposition  » Vraoum ! Trésors de la bande dessinée et de l’art contemporain  » est visible jusqu’au 27 septembre 2009…

Comment l’art contemporain s’est-il inspiré de la BD ? Voilà la problématique insufflée par le musée pour cette nouvelle exposition, de deux cents planches originales et d’une cinquantaine de tableaux

L’onomatopée « Vraoum ! » correspond particulièrement bien à la gaieté et à l’ivresse qui surprend le visiteur dès son entrée dans le musée. Contemporain, forcément repeint de rouge, le bâtiment est lui même source d’inspiration.

Entre contemporanéité et dessin, l’alliance de l’Art…

La bande dessinée, cette planche de cases habillées de bulles de dialogues… Un art qui a trop souvent été relégué au second plan. La Maison Rouge nous montre comment Mickey, Superman, Batman, Little Nemo, Tintin, Gaston Lagaffe,… ont inspiré les artistes d’aujourd’hui Gilles Barbier, Erro, Bertrand Lavier, Takashi Murakami,…

Au premier abord, le visiteur peut apercevoir des planches authentiques de bandes dessinées. De Tintin, en passant par Gaston LaGaffe, Black et Mortimer, Félix Le Chat, et Astérix, nombreux sont exposés.

On découvre leurs univers, tronqués, bouleversés par les réadaptations d’artistes modernes et contemporains. Citons Keith Haring, Mickey House ou Fabien Versachaere, et son délicieux Mickey façon tête de mort.

Les moments clés de l’exposition…

Les Pionniers est un espace consacré aux illustres précurseurs de la bande dessinée, Winsor Mc Cay, avec Little Nemo, ou Charles M.Schulz, créateur de Snoopy.

Ann Lee, personnage fictif dont les droits ont été acheté par Philippe Parenno, et Pierre Huygue, est mise en scène et prêtée à d’autres artistes. Elle devient vivante in situ.

Les bestioles les plus connues sont celles de Walt Disney Production, véritable empire de l’imaginaire. Les créations sont décalées, le monde de l’enfant désacralisé. Wim Delvoye crée un Donald, qui subit le même sort que le Christ tandis que Hyungkoo Lee dissèque le squelette de Dingo.

Mangas ! nous emmène dans un nouvel univers. Il est devenu un monde en soi, entre pulsion, bestialité, cyborg et sentimentalité. Il a inspiré notamment Quentin Tarantino avec Kill Bill.

L’aspect pictural de la bande dessinée est exposé, au delà de la répulsion d’Hergé pour la couleur. Lichtenstein s’essaie à un nouveau genre, entre bande dessinée et œuvre d’art. Ses tableaux, faits de héros, de bulles de dialogues, en tout point semblables à la bande dessinée, font un carton. Beaucoup de peintres s’en inspirent : Séchas, Pratt, De Crécy…

La rencontre des héros se moque gentiment des supers héros. Les artistes contemporains les discréditent, comme Virginie Barré et son Fat Batman, et Hervé Di Rosa.

L’exposition se clôt sur la salle Supers Héros et cette déstabilisante installation, L’hospice, Gilles Barbier, présentant CatWoman, Superman, à l’âge de nos aïeuls.

La Maison Rouge aura réussi à surprendre et à nous rapprocher de nos héros d’enfance, en ayant un regard neuf et décalé sur eux. L’association du monde contemporain et des préceptes imposés par la bande dessinée, nous permet une rencontre divine, et nous montre à quel point l’un s’est nourri instinctivement de l’autre, depuis un siècle comme de nos jours.

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