François Royer ou le « design bidon » !

Le centredesignmarseille présentera, à partir du 28 avril, l’exposition Lovely Ferraille de l’artiste François Royer. L’occasion pour Lartino de s’intéresser de plus près à cet artiste-designer montpelliérain qui revisite avec talent des bidons industriel qu’il rebaptise « Stanker ».

François Royer, pouvez-vous svp vous présenter aux lecteurs de Lartino ?

J’ai 50 ans. J’ai fait la fac d’arts plastiques de Strasbourg, et même si je ne sais toujours pas à quoi ça m’a formé, ça m’a permis de devenir prof.
J’ai aussi été graphiste et directeur artistique pendant quelques années et j’ai fait pas mal de musique.

Pouvez-vous définir la notion de stanker ?

Il s’agit de design bidon.
Bidon parce que je ne suis pas vraiment designer et parce que les bidons sont ma matière première (mais pas la seule).
Tout cela est ironique bien sûr, car mes bidons ne sont pas bidon !!!

Quand avez-vous créé votre premier stanker et d’où vous est venue l’idée ?

J’ai créé mon premier stanker en 2003.
En débarrassant le tas de ferraille que j’avais accumulé au collège de Seine Saint Denis où j’enseignais alors… il y avait des bidons, des caddies, des vielles télés, des éviers… on se servait de tout ça pour faire des spectacles sous  influence Nouveau Cirque, Stomp ou Tambours du Bronx. Des moments magiques… j’ai eu du mal à mettre tout ça à la décharge alors j’ai cherché ce que je pourrais bien faire avec.

De quelle manière travaillez-vous  ? De quoi vous inspirez-vous ?

L’inspiration est bien la seule chose dont je ne manque jamais, elle vient toute seule, de ce qui m’entoure, de  préférence au moment où on s’y attend le moins… le reste, c’est à dire les fûts, les matériaux, l’outillage, les fournisseurs, le transport, le stockage, demande beaucoup d’organisation et surtout de temps, seule chose dont je manque cruellement !
Je travaille seul, à mi-temps (je suis toujours prof ), dans mon atelier-garage de 10m2, en faisant beaucoup de bruit et de  poussière, sous pression et dans l’urgence, et en me disant tous les jours que je ferais mieux d’aller à la plage ou au cinéma  😉

Quel regard portez-vous sur le recyclage ? Et sur le Récup’Art ?

Après avoir surconsommé et gaspillé pendant quelques décennies, l’urgence écologique et la crise font qu’on (re)découvre  les vertus du recyclage. C’est bien, mais pas suffisant (l’industrie du recyclage est dévoreuse d’énergie ), il faut repenser entièrement nos modes de vie, de consommation, de production, de déplacement… arrêter le « green washing », qui est du pur marketing et promouvoir l’eco-conception.
Je ne me situe pas dans le champ du Récup’art, plutôt dans celui de design de récupération.
Dans les deux il y a  du bon , du moins bon, et beaucoup de … recyclage d’idées. Pour le bon, vous pouvez consulter mon site ;-).

On constate un regain d’intérêt pour le recyclage en France, vos œuvres attirent elles de plus en plus de monde ?

Je crois que dans la sphère de la récup’, Stanker a gagné une petite notoriété, dans les médias et sur le web… j’en suis pas peu fier, bien qu’il n’y ait que 83 fans de Stanker sur Facebook 😉  [ndlr : désormais un de plus avec Lartino ! ]. Plus sérieusement, je ne sais pas s’ils sont de plus en plus nombreux,  mais ceux qui achètent mes lovely ferrailles ont un vrai coup de cœur et Stanker a généré de belles rencontres.

On peut donc acheter vos œuvres …Où les trouve-t-on ?

2 sites les proposent (neomansland et 1Rdesign ) et bientôt une nouvelle boutique à Marseille : le 3eme élément.
Sinon directement auprès du créateur via le site internet.

Quels sont vos priorités et objectifs pour les prochaines années ?

Moins de bidons, plus de design, continuer à créer tant que je peux… et aller plus souvent à la plage et au cinéma !

Un petit mot pour conclure ?

Rendez-vous à Marseille le 28 avril, au Centre Design Marseille, 6 ave de la Corse, juste derrière les excellents chocolats de Jacqueline Régis !

François Royer, la Rédaction de Lartino vous remercie du temps que vous lui avez accordé.

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