« Studio 13/16 » par Mathieu Lehanneur

Conçu par Mathieu Lehanneur, l’espace dédié aux adolescents au Centre Pompidou a ouvert ses portes le 11 septembre dernier. Intitulé « Studio 13/16 », cette proposition, forcément risquée pour un musée lorsqu’il s’adresse à une population par essence aussi volatile que les ados, trouve une réponse fonctionnelle et formelle basée sur l’ergonomie du désir.

Après le bureau de David Edwards pour le Laboratoire (2009 ) conçu comme une salle de musculation intellectuelle, c’est donc sur une échelle décuplée de 210 m2 que Mathieu Lehanneur applique une méthode intégrant autant les besoins fonctionnels, physiques que psychiques des utilisateurs.

La magie de l’état adolescent, cette promesse en mouvement perpétuel, trouve un lieu à sa mesure formelle et fonctionnelle. De part et d’autre de l’entrée, deux espaces lounge dessinés comme des reliefs. Semblant directement sorti d’un tube de dentifrice, ces surfaces permettent et invitent à toutes les postures possibles. Loin du fauteuil ou du canapé, nous sommes ici sur un paysage, une mer, un terrain vague.

Des blocs média ponctuent ces espaces avec des écrans de vidéosurveillance inversés (ce sont les ados qui observe le centre Pompidou) et du contenu vidéo, ils disposent également de prises iPod pour s’y brancher et diffuser de la musique de façon zénithal et extrêmement précise par un système de laser sonore : deux ados ou groupes peuvent donc écouter leur propres musiques côte à côte sans entendre celle du voisin.

« Je rêvais d’un lieu qui soit pensé et construit comme un studio de télévision, de cinéma ou de musique. Je voulais que cet espace pour les ados offre le même potentiel d’action et de création que ce type de lieux professionnels. Loin d’une tentative de reconstituer un hypothétique style « ado », je n’ai gardé de l’adolescence que ce désir – et parfois cette capacité – de distordre les choses et les lieux. J’admire cette manière unique d’assouplir le monde pour mieux s’y intégrer. Et ce qui est vrai pour une ville ou un vêtement, l’est plus encore pour une institution comme le Musée… » résume Mathieu Lehanneur.

Post author